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Bill Gates, jeune entrepreneur
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Chercheur(s)

Cyril Couffe

Docteur en psychologie cognitive, Cyril Couffe fait partie de l'équipe Attention, conscience et états de vigilance au sein du laboratoire d’Etude des mécanismes cognitifs (EMC), à l'université Lumière-Lyon 2. Il s'intéresse en particulier à la cognition des salariés en entreprises et à celle des entrepreneurs.

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Laboratoire

Laboratoire d'Etudes des mécanismes cognitifs (EMC)

Le laboratoire EMC rassemble des spécialistes de l'étude de la cognition humaine sur la question des représentations mentales (symboliques ou non-symboliques) et des substrats neuronaux impliqués dans les émotions, l'attention, le langage, la mémoire et l'action. Les recherches fondamentales et appliquées sont menées auprès de populations normales (enfants, jeunes adultes, adultes âgés), déficitaires (dyslexiques, dysphasiques, sourds) et souffrant de pathologies spécifiques (patients Alzheimer, cérébrolésés, psychiatriques).

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Autres articles

A quoi ressemble le cerveau de Bill Gates ?

Les neurosciences s’intéressent à un nouvel objet : l’entrepreneuriat. Les créateurs d’entreprise auraient-ils des aptitudes cognitives particulières qui leur permettent notamment de prendre des décisions en situation d’incertitude élevée ? Plusieurs équipes de chercheurs issus du Labex Cortex et d’autres laboratoires ont décidé de collaborer pour tenter de répondre à cette question. Exploitant les techniques issues des neurosciences pour décrypter les mécanismes cognitifs, un nouveau champ de recherche émerge : le neuroentrepreneuriat.

Comment expliquer qu’un étudiant décide un jour de quitter les bancs de la prestigieuse université de Harvard pour lancer son entreprise ? Nous sommes en 1973, l’étudiant s’appelle Bill Gates et son entreprise s’appelle Microsoft. A l’époque, le secteur de l’informatique est balbutiant. Personne n’imagine l’immense potentiel de l’informatique individuelle. La situation comporte de nombreuses incertitudes, notamment sur la taille réelle du marché et les besoins des consommateurs. Néanmoins, la décision du jeune Bill Gates (il a à peine 18 ans) est irrévocable. Il n’aura pas à le regretter. Quelques années plus tard, Microsoft devient le numéro 1 mondial de l’informatique et Bill Gates, la première fortune mondiale (75 milliards de dollars en 2016, selon le magazine Forbes). Comment expliquer une telle réussite ? Bill Gates possède-t-il des compétences cognitives particulières qui lui ont permis de prendre les bonnes décisions tout au long de sa carrière ? Son cerveau possède-t-il un avantage qui lui permet de repérer les opportunités qui l’entourent ? Ce sont les questions que se posent des chercheurs en neurosciences.

Un nouveau champ de recherche

Au cours de la dernière décennie, la recherche a essayé de montrer que les compétences entrepreneuriales étaient liées à certains types de personnalité. Malheureusement, les résultats issus de cette littérature n’ont pas permis de définir des profils clairs au sein de cette population si particulière et diversifiée. Des recherches plus récentes ont montré que les entrepreneurs présentaient tous des aptitudes cognitives particulières, notamment en ce qui concerne la détection d’opportunités et la prise de décision dans un environnement incertain. C’est la piste qu’explorent en ce moment plusieurs laboratoires de recherche, notamment au sein du Labex Cortex.

Ainsi, Adam Zylbersztejn, maitre de conférences au Groupe d’analyse et de théorique économique (GATE), a déjà mis en évidence le fait que certaines aptitudes cognitives, notamment l’efficience intellectuelle, jouaient un rôle essentiel lors de situation d’incertitude stratégique1. Actuellement, un groupe de recherche du GATE, conduit par Marie Claire Villeval et impliquant des chercheurs de Webster University, en Suisse, et Florida State University, aux Etat-unis, s’est associé avec Saulo Barbosa, professeur associé à l’EMLYON école de management, pour étudier la question de la cognition des entrepreneurs. Ils ont mis au point un projet ambitieux en deux étapes. Etudier dans un premier temps les aptitudes cognitives spécifiques des jeunes entrepreneurs souhaitant démarrer une activité (qu’ont-ils de particulier par rapport à une population de non-entrepreneurs ?). L’objectif est de suivre ensuite leur parcours pendant cinq ans afin de comprendre si certaines compétences cognitives et préférences individuelles et sociales augmentent les chances de concrétisation d’un projet entrepreneuriat et sa réussite. On note en effet qu’une fraction importante de nouvelles entreprises disparait au bout d’une à deux années. Il est dès lors important de savoir si certaines caractéristiques cognitives et comportementales permettent de prédire les échecs de court terme ou au contraire la persistance de l’entreprise. Les résultats de la première étape de l’étude sont attendus pour septembre 2016.

Les atouts de l’électroencéphalographie

Comment étudier les facultés cognitives des entrepreneurs ? La réponse vient des dernières avancées en matière d’exploration du cerveau humain. Un nouveau champ disciplinaire commence même à se structurer : le neuroentrepreneuriat (neuroentrepreneurship). Parmi toutes les techniques disponibles – électroencéphalographie (EEG), imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), magnétoencéphalographie (MEG)… – des choix importants restent à faire, car toutes ne présentent pas les mêmes contraintes en termes de coûts ni les mêmes objectifs de recherche. Dans un premier temps, l’urgence est de mettre en place des protocoles simples et peu coûteux. Les études en EEG semblent tout à fait indiquées pour cela. En outre, elles offrent une bonne résolution temporelle qui permet de cibler les composantes cognitives potentiellement spécifiques aux entrepreneurs.

Pablo Martin de Holan, professeur à l’EMLYON, s’est ainsi servi de l’EEG pour comparer le fonctionnement du cerveau d’entrepreneurs et de non-entrepreneurs au cours d’une tâche de résolution de problème 2. Avec son équipe, il a montré que ces deux groupes mobilisaient leurs ressources mentales de façon complètement différente : tandis que les entrepreneurs réagissaient rapidement aux stimuli et prenaient des décisions rapides, les non-entrepreneurs semblaient avoir besoin de plus d’élaboration cognitive du problème avant de prendre une décision.

Objectif : améliorer la formation des entrepreneurs

Cette nouvelle approche pourrait permettre d’avancer et de trancher certains débats concernant les compétences cognitives particulières aux entrepreneurs. Pablo Martin de Holan et moi-même venons de rédiger un chapitre d’ouvrage afin de présenter les avantages de l’EEG et détailler plusieurs expériences qui pourraient être menées rapidement 3. Notamment, dans deux directions : les aptitudes à détecter les opportunités et la prise de décision. Les bénéfices qui pourront être tirés de cette nouvelle approche sont multiples : une meilleure compréhension des entrepreneurs, ainsi qu’une amélioration de la formation des entrepreneurs de demain, notamment dans les programmes enseignés dans les grandes écoles.

  • 1. Nobuyuki Hanaki & Nicolas Jacquemet & Stéphane Luchini & Adam Zylbersztejn, 2016. « Cognitive ability and the effect of strategic uncertainty, » Theory and Decision, Springer, vol. 81(1), pages 101-121, June.
  • 2. Martin de Holan, P., Ortiz-Terán, E., Turrero, A., & Alonso, T. (2013). Towards neuroentrepreneurship? Early evidence from a neuroscience study. Frontiers of Entrepreneurship Research, 33(5).
  • 3. Martin De Holan, P., Couffe, C. (in press). Unpacking neuroentrepreneurship: potential and pitfalls of studying entrepreneurship with EEG technologies. In Day, M., Boardman, M. and N. Krueger (Eds), Handbook of Research Methodologies and Design in Neuro-entrepreneurship, Edward Elgar:UK.
  • Une réflexion au sujet de « A quoi ressemble le cerveau de Bill Gates ? »

    1. Etudie-t-on aussi le cerveau des entrepreneurs dont les entreprises se sont plantées ? Prendre des décisions rapides est certainement un atout, mais encore faut-il que ça soit la « bonne » décision. Bill Gates est-il meilleur que les autres qui ont créé des entreprises de techno à l’époque (Atari, Commodore, Zilog, VisiCorp et toutes celles dont même le nom a été oublié) ou a-t-il juste eu plus de chance que ses décisions se sont révélées les bonnes ?
      A l’époque où j’avais suivi un cours de management, une leçon avait été donnée par un prof de Harvard qui prétendait que la distribution de la durée de vie des entreprises suivait la loi statistique (inverse gaussienne ?) comme si les décisions étaient prises au hasard…

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