La revue de presse des neurosciences #12

L’actualité des neurosciences de la fin de décembre. Au programme : autisme et pollution, la stupidité artificielle et la possibilité de lire nos émotions.

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« C’est la stupidité artificielle et non l’intelligence artificielle qu’il faut craindre ! » : la réponse de Mark Bishop à Stephen Hawking

Chercheur en intelligence artificielle à l’Université de Londres, Mark Bishop répond, dans un article publié dans le journal NewScientist, à la crainte de Stephen Hawking concernant les progrès de l’intelligence artificielle (voir la revue de presse de mi-décembre). Pour le scientifique, cette crainte n’est pas fondée, car « il y a de fortes raisons de croire que les ordinateurs n’arriveront jamais à reproduire l’intégralité des capacités cognitives humaines ». En effet, selon lui, ce qui manque et manquera toujours aux ordinateurs, c’est une « véritable compréhension des situations, notamment lors d’un dialogue avec un être humain » et une « réelle conscience ».

Toutefois, Mark Bishop rejoint Stephen Hawking sur un point : certaines machines intelligentes « peuvent constituer une menace pour l’humanité ». Il pense en particulier aux armes robotisées qui effectuent des actions militaires sans intervention humaine. « C’est justement à cause du fait que l’intelligence artificielle n’est pas assez performante que ces armes peuvent devenir dangereuses et conduire à de grandes catastrophes. » Pour Mark Bishop, « de tels systèmes peuvent manifester une véritable stupidité artificielle ».

Autisme : la pollution atmosphérique en cause ?

On sait que la pollution atmosphérique est à l’origine de nombreuses maladies, comme le cancer ou l’asthme. Selon une étude publiée ce mois-ci dans le journal Environmental Health Perspectives, elle pourrait aussi constituer un facteur de risque important pour l’autisme. Les travaux portent en particulier sur l’effet des particules fines, qui passent sans encombre dans les alvéoles pulmonaires puis dans le sang. L’exposition à une pollution importante lors des trois derniers mois de grossesse pourrait, selon l’étude, multiplier par deux le risque d’avoir un enfant autiste.

Dans une interview à la BBC, Frank Kelly, directeur du groupe de recherche sur l’environnement au King’s College (Londres), se dit troublé par ces résultats : « Il s’agit du cinquième article qui parvient à cette conclusion. » Pour lui, c’est biologiquement plausible : « Si des particules chimiques entrent dans le corps de la mère, alors le fœtus a également accès à ces derniers via le placenta. » C’est pourquoi Frank Kelly recommande aux futures mères d’« éviter de s’exposer de manière excessive à la pollution ». Bien sûr, cette étude n’explique pas tout, et les causes de l’autisme sont encore très peu connues.

Pour en savoir plus :

VIDEO DE LA QUINZAINE

Peut-on lire les émotions de notre cerveau ?

Une nouvelle vidéo POM Bio à croquer avec Sylvie Berthoz, neuroscientifique à l’Inserm, qui nous explique comment les émotions transitent dans le cerveau et comment nous pouvons les voir avec les techniques d’imageries récentes.

EN BREF

  • Un mythe s’effondre : une étude américaine vient de montrer que le chocolat ne permet pas de se sentir mieux lors d’une dépression. A lire sur Sciences et Avenir.
  • Encore une cause possible de l’autisme : les bactéries intestinales. Une équipe américaine a réussi à améliorer plusieurs symptômes de l’autisme chez des souris grâce à une bactérie humaine qui favorise la cohésion de la paroi du colon. A lire sur Sciences et Avenir.
  • Peut-on lire l’intelligence dans les gènes ? L’institut génomique de Pékin, le plus grand centre de séquençage génétique au monde, va séquencer le génome de plus de 2 000 personnes surdouées afin d’essayer de trouver des profils génétiques similaires. Objectif : savoir si l’intelligence est codée ou non par l’ADN. A lire sur Sciences et Avenir.

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Chercheur(s)

Vincent Giudice

Docteur en biologie, spécialisé dans les cellules souches embryonnaires.

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