La revue de presse des neurosciences #2

Au sommaire : une grande avancée génétique pour comprendre la schizophrénie, Stephen Hawking et l’euthanasie, la vidéo d’une synapse entièrement modélisée en 3D, l’odorat sensible au gras et à l’alcool et peut-on être conscient en rêvant ?

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LA CITATION DE LA QUINZAINE

« Je suis pour la mort médicalement assistée », Stephen Hawking

Alors que l’affaire Vincent Lambert a relancé le débat sur l’euthanasie en France, Stephen Hawking, physicien de renommée mondiale, se déclare favorable à cette pratique dans une interview adressée à la BBC. Hawking, atteint d’une grave maladie paralysante (sclérose latérale amyotrophique), déclare que selon lui « chaque personne devrait avoir le droit de choisir de mettre fin à ses jours » et confesse avoir effectué une tentative de suicide.

Stephen Hawking

Êtes-vous conscient dans vos rêves ?

Si c’est le cas, vous êtes ce qu’on appelle un « rêveur lucide ». Une étude récente, publiée dans l’American Journal of Psychology, permet de définir un peu mieux les rêves lucides. Selon cette étude, décrite dans un article publié sur Futura-Sciences, la durée moyenne d’un rêve lucide serait de 14 minutes et la fréquence de ces rêves chuterait après l’âge de 16 ans. La plupart des personnes interrogées déclarent effectuer des expériences « surnaturelles » comme voler dans les airs, respirer sous l’eau, parler avec des animaux mais également des expériences plus terre à terre comme des activités sportives ou des relations sexuelles. Selon les scientifiques de l’étude, comprendre les rêves lucides pourrait se révéler utile pour le traitement de problèmes psychologiques tel que le stress post-traumatique.

L’odorat est sensible au gras et à l’alcool

Une étude scientifique, publiée dans le Journal of Neuroscience, démontre qu’un régime alimentaire trop riche en lipides est délétère pour le système olfactif. Dans cette étude, décrite dans un article de Sciences et Avenir, des chercheurs ont prodigué pendant six mois un régime riche en lipides à des souris. Ils ont alors observé que seule la moitié des neurones du système olfactif restaient fonctionnels même après le retour à un régime alimentaire normal. Une autre étude publiée dans le journal Behavioural Brain Research démontre que la prise d’alcool augmente les capacités de l’odorat. Pour effectuer leurs analyses, les chercheurs ont soumis des volontaires à des tests olfactifs après ingurgitation de vodka ou de jus d’orange. Ils ont alors remarqué une forte corrélation entre le taux d’alcool dans le sang et la capacité à discriminer différentes odeurs. Toutefois, à partir d’une certaine quantité d’alcool, l’effet tend à s’inverser. Preuve supplémentaire que, comme toute bonne chose, l’alcool et le gras doivent être utilisés avec modération !

LA VIDÉO DE LA QUINZAINE

Une synapse modélisée en 3D

Outre la vidéo d’Henry Kennedy, directeur du LabEx Cortex, à propos de la controverse entourant le Human Brain Project, une autre vidéo a retenu notre attention. Il s’agit d’une modélisation précise et en 3D d’une synapse rendue possible pour la première fois grâce à la microscopie électronique. Cette réalisation inédite a été effectuée par une équipe de scientifiques allemand de l’université de Göttingen.


Une synapse modélisée en 3D par sciencesetavenir

Grande avancée génétique pour comprendre la schizophrénie

Une étude de « Big Science » publiée dans le magazine scientifique Nature a permis d’effectuer une grande avancée dans la compréhension de la schizophrénie. Cette maladie touche environ 600 000 personnes en France et est caractérisée par un ensemble de symptômes très variables (délires, hallucinations, retrait social…). Pour en savoir plus sur la maladie, vous pouvez consulter le dossier INSERM traitant de ce sujet. Pour la première fois, plus de 300 généticiens issus de 35 pays différents ont rassemblé leurs forces pour étudier le génome de 150 000 individus, dont 37 000 personnes atteintes de schizophrénie. Ils ont ainsi découverts environ 128 variations génétiques pouvant contribuer à la prédisposition à la schizophrénie. Les gènes impactés par ces mutations sont essentiellement impliqués dans la transmission d’informations entre neurones et dans des fonctions d’apprentissage ou de mémorisation. Selon Michael O’Donovan, principal auteur de cette étude, « ces nouveaux résultats pourraient stimuler le développement de nouveaux traitements pour la schizophrénie ». Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les articles de Futura-Sciences ou de Scientific American (en anglais).

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Chercheur(s)

Vincent Giudice

Docteur en biologie, spécialisé dans les cellules souches embryonnaires.

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