Interview de Jean-Philippe Lachaux, chercheur (CRNL), spécialiste de l'attention (photo : DR)

« Nous voulons développer chez les élèves un sens de l’équilibre attentionnel »

Jean-Philippe Lachaux est directeur de recherche à l’Inserm. Il vient de lancer le programme Atol visant à développer en milieu scolaire des ateliers d’apprentissage de l’attention déduits des neurosciences cognitives. Son objectif est d’aider les élèves à développer un « sens de l’équilibre attentionnel » qui leur permette de bien gérer les sources de distraction auxquelles ils sont sans cesse confrontés.

Mots clés

5 thoughts on “« Nous voulons développer chez les élèves un sens de l’équilibre attentionnel »”

  1. N’est-il pas à craindre que le développement de stratégies conscientes, ou plus sensiblement de comportements-réflexes de rééquilibrage de l’attention en direction d’objectifs cognitifs prédéterminés, ne se fasse au détriment de la flexibilité mentale et de la créativité intellectuelle? En effet, si le maintien d’un focus attentionnel doit se faire par la discrimination systématique des stimuli extérieurs à la tâche d’apprentissage visée, le risque n’est-il pas d’altérer sur le long terme la capacité de prise en compte d’informations utiles dès lors que celles-ci n’apparaissent pas comme telles au premier « coup d’œil ». Pour reprendre votre métaphore, et jugeant cependant avec vous que cela reste un handicap pour l’apprentissage ou la réalisation d’objectifs 99% du temps, il pourrait paraître utile de savoir tomber de la poutre ou dévier de cap à l’occasion..

    1. C’est une bonne question. Il ne faut pas confondre une attention stable avec une attention fermée sur un objectif. Mais la stabilité de l’attention n’est pas un obstacle à la créativité, au contraire. Un très bon livre (Petitmengin, C. (2001) L’expérience intuitive. Editions L’Harmattan.) a très bien montré que les personnes qui ont besoin de se placer dans un état favorisant l’intuition et la créativité y parviennent grâce à une certaine maîtrise de leur attention. Attention et créativité ne sont donc pas opposés.

  2. Ne faut-il pas accepter que l’attention de nos élèves « s’évapore » de temps à autre et laisser leur cerveau « s’aérer » puis de les ramener vers nous, plutôt que d’imposer une constante attention ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres articles